J’avais besoin de quelque chose de fort depuis un moment, j’avais besoin de E., de son corps, puissant, de sa directivité. J’avais besoin de quelque chose de mâle. J’avais besoin de sa manière de me faire jouir. Et la mort qui rodait autour de moi renforçait ce désir. Cela faisait des mois que nous nous frôlions, nous nous rations, jamais dans la même ville au même moment. Ce matin là, je dormais dans le lit d’un autre, je n’étais pas allé au boulot, pas la force, pas l’envie. J’avais passé une nuit de réconfort, pleine de douceur, une nuit chaste. Les alertes messages, mails pleuvaient, j’entendais au loin les avertissements sonores, mais je dormais, je voulais tellement dormir, oublier, m’oublier. Je me décidais de consulter mes messages, un message de E. me demandant comment je me sentais, si j’étais en ville. Je lui ai répondu oui, je n’étais pas au mieux de mon humeur, mais pas totalement à terre. La réaction des gens, face au deuil, est étrange, certains réagissent comme si cela était contagieux, s’éloignent de toi comme si cela pouvait se propager comme une maladie, d’autres sont peinés pour toi ou pour eux ? mon père à l’enterrement de mon grand père m’avait dit “tu vois tous ces gens qui pleurent, la plupart pleurent sur leur propre sort, ils réalisent qu’ils vont mourir eux aussi un jour.”
Il est arrivé, un baiser, un sourire. Il avait un sourire ravageur,
