Exuvie

Burlesque Comedienne in her dressing room, Diane Arbus

Mars 2018

“ – Parce que t’es la plus belle et la plus intelligente, je sais bien qu’objectivement c’est pas le cas, mais à mes yeux tu l’es.

– Et si tu rencontrais une plus jolie, une plus intelligente ?

– Je sais pas, peut-être que ça s’est déjà produit, mais je l’ai pas vu puisque tu es à mes yeux la plus belle et la plus intelligente.”

“ Je l’ai revu, il devait me rendre mes clefs et tu vois avant qu’il soit là j’appréhendais un peu, est-ce que j’allais le trouver désirable, est-ce que j’aurais encore envie de lui ? Et dans ce cas qu’est-ce que j’allais faire ? Ben non, rien. Il m’a fait aucun effet, j’ai bien vu ses regards charmeurs. Ben rien il ne me fait aucun effet désormais. Il n’est pas devenu moche, il est toujours aussi beau, mais mon désir est pour une seule personne, toi, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps, je suis surprise.”

Je vais mieux, mais je ne vais pas bien, disons que je ne suis plus celle que j’étais, je ne me reconnais plus tout à fait. Je me souviens de moi avant ma dépression, comme étant une somme de certitudes, je savais. Je savais ce que je faisais pour gagner ma vie, je savais qu’il ne me fallait pas tomber amoureuse de qui que ce soit, je savais que je serais seule, que je ne devais compter que sur moi, j’avais des convictions, j’avais des désirs aussi, celui du corps des hommes, de l’argent, des plaisirs, de l’avancement, de la revanche aussi. La dépression c’est perdre le désir, ne plus vouloir quoi que ce soit, ni se lever le matin, ni affronter le monde, ni se mélanger aux gens, ni baiser. Plus rien. C’est aussi détester les gens qui vivent, qui arrivent à supporter tout ça, se détester de ne pas arriver à supporter tout ça. Il y a plein de raisons, théories à la dépression, mais celle que je crois c’est que ça arrive quand un grand changement doit avoir lieu, ça se produit avant de muer, de laisser tes vieilles peaux pour ta nouvelle enveloppe et tout le moment où tu mues c’est douloureux, c’est difficile, tu te demandes si tu vas y arriver. Un jour, j’ai ressenti que le changement avait eu lieu.  

Fiancé à la vulgarité
J’ai renoncé à la précarité
J’ai mis mes chances dans le barillet
J’ai tiré sans jamais m’arrêter
Damso

Mars 2022

Me voilà à nouveau trop grande pour ma peau. Les certitudes sont là, les envies aussi, beaucoup. À nouveau c’est douloureux, aller vers ce qui me semble être le bonheur n’est pas évident, je ne suis pas née avec une somme de certitudes, une somme de sécurités, je ne suis pas née pour être heureuse. J’ai toujours cherché le bonheur, au moment de m’en approcher, j’ai souvent tout fait pour le bousiller. Tout remettre en jeu, perpétuellement, je teste, j’apprends, je fais, je défais, je me souviens, je refais, je sais, je crois savoir, puis je recommence, j’essaie des variations. Je change, mais jamais vraiment, j’ai commencé à écrire ici pour comprendre le désir, pour me mettre à nu “Il est plus facile d’enlever sa culotte que de dévoiler ses sentiments. Mes fesses, mon con n’ont jamais essuyé de refus.”, quelques années après c’est toujours juste, mais pas tout à fait, je déplace mon curseur. La vraie obscénité, c’est la sentimentalité, ce n’est pas décrire comme j’aime mettre ma main sur son entre jambe, sentir son sexe frémir sous son pantalon, gonfler. Ce n’est pas vous écrire comme j’aime frotter de ma main ses couilles à travers le tissu. La vraie obscénité ce n’est pas vous raconter qu’à chaque fois c’est pareil et tellement différent, passer ma main dans son pantalon, sentir le bout de son gland mouillé, passer mon pouce tout autour. La douceur de son bout, la dureté de sa verge, la serrer fort pour m’assurer que c’est bien réel. La vraie obscénité ce n’est pas vous dire que j’aime voir son sexe en érection, alors je déboutonne son jean ou dézippe son pantalon, baisse son boxer pour laisser apparaitre ses couilles, sa verge et son gland humide. La vraie obscénité, c’est écrire que je l’aime malgré nous.

Spread desire

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