La Papesse

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Une nuit pour écrire une nouvelle sous double contrainte, voici le seul assujettissement auquel je m’astreins une fois l’an dans le cadre du prix de la nouvelle érotique ( https://lesavocatsdudiable.tumblr.com/ ) , le thème était : “un dîner de cons” et le mot final : “commode”. J’ai eu le plaisir de faire parti des 30 finalistes cette année, mais ni lauréate ni dans les textes sélectionnés pour le recueil 2018, l’avantage est que vous n’avez pas besoin de patienter jusqu’à l’impression du dit livre, ma nouvelle est là ! :

Avant chaque événement important elle tirait une carte de son jeu de Tarot, il ne s’agissait pas de lire le futur, mais de synthétiser les présages du présent, avoir une idée de l’atmosphère, de l’ambiance. Dans son travail elle faisait ça aussi, elle lisait les signes, les climats pour pourvoir mettre en lumière les situations et tirer partie du meilleur des circonstances pour les personnes qui lui demandaient son intervention. Elle alla dans sa chambre, tira son jeu de carte de sous son oreiller, elle le battit et en tira une, La Papesse, c’est la femme sage qui transmet son savoir, cela collait parfaitement à la soirée à venir, car elle serait la maîtresse de cérémonie, celle qui donnerait le ton de la petite musique du dîner qu’elle avait organisé pour ces deux couples. Elle se rendit au marché, il faisait beau le soleil était au plus haut c’était le printemps, le temps du renouveau, à cette période son activité battait son plein, les femmes appelaient de toute part pour obtenir un dîner chez elle, elles savaient qu’elles mangeraient bien et que l’issue du dîner était toujours garantie. Alma avait une réputation qui lui suffisait à remplir son agenda de l’automne au printemps, l’été était une période creuse les clientes ne se bousculaient pas durant l’époque chaude de l’année. Elle acheta des asperges, qu’elle proposerait en entrée humectées de vinaigre de Modène, des betteraves rouges qu’elle cuisinerait en soupe froide, des aubergines qu’elle gratinerait au four saupoudrées de parmesan et le clou du repas une tarte au chocolat, mais pour cette tarte elle avait besoin de deux ingrédients qu’elle ne trouverait pas aux Capucins, elle devait se rendre chez son ami Roberto qui lui fournissait ces ingrédients que l’on trouvait qu’en Colombie. Il était presque midi elle trottinait comme elle pouvait avec ses sandales en toile légère et semelle de corde, ses paquets aux bras, évitant les trous des trottoirs, les excréments des chiens, les poubelles déposées au petit bonheur la chance, heureusement le matin elle avait eu la bonne idée de se mettre en robe, elle ne souffrirait pas trop de la chaleur, cette journée était un prémisse de l’été et puis à Marseille on ne connaissait que deux saisons, chaude ou froide, pas de demi mesure, elle filait donc jusqu’à l’immeuble de Roberto, elle ne voulait pas prendre de retard sur la préparation du repas. Elle sonna à l’interphone, il l’attendait et lui ouvrit la porte du bâtiment, elle grimpa les escaliers il habitait le quatrième étage, arrivé au palier du troisième, elle vit Roberto souriant au pas de sa porte, elle monta les dernières marches en le regardant, elle l’admirait, elle le désirait toujours malgré le temps, ils n’étaient plus jeunes tout deux, elle avait franchi les cinquante années et lui les soixante, cela faisait donc désormais vingt ans qu’ils se connaissaient et baisaient ensemble, puisqu’ils avaient baisé dès leur première rencontre. Alma arriva en sueur dans les bras de Roberto, ils s’embrassèrent ou plutôt il l’embrassa car malgré les années elle aimait lui laisser l’initiative, chacune de ses relations avait ses propres règles et dans celle là elle avait décidé qu’elle le laisserait proposer. Il lui proposa, tout d’abord un verre d’eau, elle accepta avec plaisir la chaleur et le désir lui avaient asséché la bouche, elle lui dit qu’elle n’avait pas beaucoup de temps, elle devait se mettre aux fourneaux et préparer le salon pour recevoir ses convives, il la tira vers elle l’embrassa à pleine bouche, fit glisser sa robe à terre, et tout en l’embrassant défit d’une main son soutien gorge, à chaque fois cela la faisait rire intérieurement il était le seul qu’elle connaissait à faire ça, peut être devrait il partager son savoir via un manuel, le soutien gorge rejoignit la robe, il se déshabilla et la culbuta sur le sofa. Pas de préliminaires, ils n’avaient pas le temps, il glissa un doigt entre sa culotte et sa chatte, la caressa, elle soupira comme une sorte de délivrance, enfin il allait la prendre et effacer toutes ses tensions accumulées depuis ce matin, il enfonça un doigt puis ouvra son con de sa queue qui était déjà raide et ce depuis qu’il l’avait vu gravir les marches, elle lui faisait toujours cet effet, son corps appelait le cul, elle avait des seins gros et encore fermes, seules quelques vergetures trahissaient son âge, un cul énorme un peu moins haut que lorsqu’elle avait trente ans mais comme à l’époque elle l’avait au milieu du dos, ça restait encore très bandant et puis son sourire malicieux et ses yeux rieurs on pouvait s’imaginer qu’elle avait toujours un bon mot aux bords des lèvres, il trouva son sexe mouillée du désir qu’elle avait pour lui et puis la vision d’Alma baissée, les mains posées sur le dossier du sofa il ne résista pas à l’appel de son cul et changea d’orifice, elle était tellement humide et excitée qu’elle n’opposa aucune résistance, quelques va-et-vient dans son fondement suffirent à la faire jouir, elle serra ses jambes sous le spasme de l’orgasme, se retint de s’écrouler dans le sofa puis il vient lui aussi, déposa sa semence sur les fesses de son amante. Ils s’embrassèrent et se dirigèrent vers la douche. Une fois habillée elle lui demanda les ingrédients qu’elle était venu chercher, du chocolat en effet le cacao est connu pour ses effets aphrodisiaques et les fèves de Colombie ont la particularité d’être peu amer, d’avoir une couleur une fois transformée qui tire vers le rouge, ce qui est du bel effet pour la ganache de la tarte au chocolat et un autre ingrédient plus particulier celui là mais elle en avait besoin pour s’assurer de la fin de la soirée, des « hormigas culonas » des fourmis à gros derrières, c’est Roberto qui lui avait fait découvrir les vertus de ces insectes callipyges appelés plus raisonnablement en français fourmis coupe-feuille, il suffisait de les mélanger à n’importe quel met pour mettre les sens en feux de celui qui les dégustait. Ils s’embrassèrent, il lui ouvrit la porte, elle dévala les escaliers « Hasta luego guapo !». Enfin chez elle, elle commença par se détendre avec un petit verre de blanc sec, juste ce qu’il fallait pour lâcher prise tout en gardant la tête froide, elle devait œuvrer cet fois à mettre en marche le désir pour les autres maintenant qu’elle avait satisfait le sien. Il y avait les asperges à faire bouillir, la vinaigrette à préparer, deux bols distincts, l’un qui contiendrait de la poudre de « hormigas culonas » et l’autre non, même chose pour la soupe froide de betteraves, deux pichets l’un qui serait nature juste épicé d’un peu de muscade et gingembre alors que l’autre contiendrait le fameux ingrédient sur lequel elle comptait en plus de ses manœuvres pour l’issu de la soirée, elle découpa les aubergines, les plaça dans deux plats, les arrosa d’huile d’olive, écrasa quelques gousse d’ail qu’elle déposa sur les aubergines, elle prépara deux mixtures l’une contenant du parmesan et de la chapelure et à l’autre elle rajouta en plus de ces ingrédients les fourmis en poudre, pour la tarte au chocolat elle procéda différemment et ne fit qu’un seul gâteau, en effet elle se dit que tout le monde avait droit à un dessert. 19:00 on sonnait, Alma ouvrit la porte il s’agissait de Andrée et son compagnon Arslan. Alma connaissait Andrée elles avaient discuté longuement au téléphone sur les motivations qu’elle avait à faire appel à ses services. En effet, elle souhaitait toujours s’assurer du bien fondée de la demande, des motivations, du choix de faire appel à une tiers personne et prévenir du caractère irréversible de la démarche. Elle les accompagna jusqu’à la salle à manger, la table était dressée, quatre assiettes, quatre verres etc. Arslan regardait autour de lui il essayait de comprendre sa venue ici, Andrée lui avait dit qu’ils dîneraient avec des amis chez un chef à domicile, mais ils ne connaissaient pas ces amis et n’avait jamais entendu parler de chef à domicile qui recevait à son domicile, le plus intriguant est qu’Andrée ne lui avait jamais présenté d’amis, elle si possessive habituellement peut-être que leur dernière mise au point avait porté ses fruits et qu’elle s’était décidé à lui faire confiance ? Il observait la salle à manger elle était décorée richement, un mélange peu orthodoxe de babioles asiatiques côtoyant des masques africains, des poupées en bois très colorées, fait étrange il ne s’agissait que de « poupée » mâle, seuls les hommes étaient représentés et accrochés sur le mur. Leur hôtesse allait et venait entre la cuisine située à l’autre bout du couloir et la salle à manger, il l’observait avec attention se demandait quel âge elle avait, elle n’était plus jeune mais son attitude, sa façon de se mouvoir de parler disait le contraire, elle pouvait avoir quarante ou cinquante ans, il ne savait pas, c’était une femme sans âge mais une chose dont il était certain c’est qu’elle était séduisante, elle leur tendit une boisson, une infusion froide de fleurs d’hibiscus « Une boisson pour les amoureux, j’ai rajouté une larme de gin pour vous relaxer de cette fin de semaine. » La sonnerie du téléphone retentit depuis le couloir, Alma se dépêcha d’aller répondre, ce devait être l’autre couple, elle parla au combiné mais la voix était basse, impossible de savoir ce qu’elle disait, elle revint à la salle à manger « Andrée, c’étaient vos amis ils n’arrivaient pas à vous joindre sur votre mobile, ils ont eu une urgence, ils ne pourront pas être là et s’excuse auprès de vous. » Arslan trouvait que le dîner prenait une tournure encore plus étrange, mais cela ne lui déplaisait pas il était en bonne compagnie et ce jus servi à leur arrivée l’avait vraiment détendu, Andrée proposa à Alma de se joindre à eux, ça serait ridicule de ne pas profiter du repas, la table était mise. Alma accepta, elle fit le service et se joignit à eux, Arslan avait apprécié les asperges ainsi que la soupe de betteraves, il goûtait désormais aux aubergines les trouva succulentes et souhaita se resservir, Alma écarta le plat de l’assaut de sa fourchette « Pas celui là, il a du refroidir, ressers toi plutôt là. » elle lui tendit l’autre plat, elle avait fait le service à chaque fois avec deux plats distinctes, c’est vrai qu’il devait être quatre et peut être n’avait elle pas les ustensiles nécessaires pour cuisiner pour quatre, en tout cas son repas était fameux, Arslan se sentait de mieux en mieux, détendu, repus et il se sentait aussi un peu excité, c’était peut être dû à la compagnie de deux femmes ou la chaleur qui régnait dans l’appartement ? Alma leur proposa un digestif avant de servir la tarte au chocolat, il attendait le dessert avec impatience depuis qu’Alma avait dit qu’elle faisait venir son chocolat de Colombie. Alma demanda à Andrée de venir l’aider en cuisine. Andrée la rejoignit, Alma se tourna vers elle, lui demanda comment elle trouvait le dîner, si tout se passait comme elle le souhaitait, alors qu’elle parlait elle tendit sa main vers sa joue et lui caressa le visage « Ne t’inquiète pas. » elle l’embrassa, ce n’était pas compris dans le service mais Alma en avait envie et il n’y avait aucune raison de ne pas joindre l’utile à l’agréable quelquefois, Andrée était une belle femme, la peau mat les cheveux bruns et courts, un physique androgyne des hanches peu marquées, peu de seins, comment résister et puis lors du service elle pensait avoir quelque fois intervertis les plats, elle ne savait plus si c’était les petites fourmis à grosses fesses ou elle, mais son désir était là. Alors, qu’elle se demandait si c’était sa cuisine ou Andrée qui lui faisait de l’effet, Andrée appuya sa main fortement sur son sein, puis plus bas entre ses jambes, elle remua sa main de gauche à droite assez pour exciter Alma qui écartait ses jambes pour donner un accès facile à son bouton et à son plaisir. Arslan apparu à l’embrasure de la porte de la cuisine au moment où Andrée soulevait la robe d’Alma pour la caresser à son aise, à la vue de cette scène son sexe se leva, Alma lui tendit la main, le tira vers Andrée. Arslan était tout contre le dos d’Andrée alors que celle-ci caressait Alma. Ils s’embrassèrent, se caressèrent, mutuellement, chacun leur tour, toute cette tension durant le repas explosait, ils avaient envie les uns des autres. Alma s’écarta un instant, laissa Arslan porter Andrée sur la table de la cuisine, la mettre sur le dos, lui écarter les jambes pour la pénétrer, pendant ce temps, elle se dirigea vers le meuble du couloir tira un tiroir, pris une fiole qu’elle versa dans un verre. Elle retourna à la cuisine, Arslan n’avait pas bougé d’un millimètre et Andrée était tout à son plaisir, elle tendit lui le verre, il le but machinalement, il était occupé à prendre et surtout donner du plaisir, lui qui habituellement jouissait si rapidement sans avoir donner d’orgasme à Andrée, ils avaient la meilleure baise de leur vie dans la cuisine d’une inconnue et il ne voulait rien rater de ce moment. Andrée lui murmura « Jouis ! » il s’exécuta dans un long râle. Alma le recueillit dans ses bras et le dirigea vers la salle à manger et l’allongea sur le canapé, il était un peu étourdie par cet orgasme puissant, elle le laissa et rejoignit Andrée dans la cuisine. « Je veux annuler le contrat, je ne souhaite plus me séparer de lui. » Alma lui répondit qu’elle ne pouvait pas revenir en arrière, qu’elle devait désormais s’habiller et quitter l’appartement, que c’était trop tard. Elle la laissa là et se rendit à la salle à manger, il y avait désormais à la place de Arslan, une petite poupée portant un pantalon noir et une chemise rouge comme Arslan, Alma la prit dans sa main « Tu vas rejoindre tes petits copains, dès ce soir. » Elle avait besoin d’un clou pour épingler sa dernière prise, elle se dirigea vers le tiroir de la commode.

“Here comes the sun”

diane-arbus-young-couple-bench1

 

Le souvenir, la boucle, le cycle, la page à tourner ? Non. Nouvelle page à écrire. Le bracelet fétiche laissé au fond d’une boîte. Le besoin de presser les situations, presser comme un citron, en extraire la substance. Écrire une nouvelle page, pour cela choisir son nouveau cahier, son nouveau stylo et ses nouveaux mots. Lorsque j’ai choisi mon manifeste : « Se mettre à nue. Il est plus facile d’enlever sa culotte que dévoiler ses sentiments. Mes fesses, mon con n’ont jamais essuyés de refus. » Lire la suite

“Black is the color of my true love…”

may west by diane arbus

 

J’aime sa queue, je la connais, il me suffit de fermer les yeux pour la voir. Je n’ai jamais autant aimé une queue, je n’ai jamais connu autant une queue, connu dans le sens connaître, je la connais, je sais à quoi elle ressemble exactement, il me suffit de fermer les yeux pour la voir. Je suis tombée amoureuse de sa bite je crois bien, tout comme il est tombé amoureux de mon cul. Lire la suite

bis repetita placent

sleeping cupid

Et depuis je reste polie, légère, juste quelques mots, je me retiens, je garde pour moi ce trop plein, je le contrains, je m’empêche de lui dire « tu me manques déjà, cette année sans toi, sans nous, ça a été dure j’ai cru me dessécher, il y en a eu un autre mais ce n’était pas toi, celui là même dont tu me demandais de me méfier, à raison si tu veux tout savoir, ne plus te sentir pas loin de moi, ne plus pouvoir t’écrire des choses importantes ou anodines m’a été difficile, j’ai manqué de souffle souvent. Puis j’ai perdu ma foi en moi je n’avais plus personne à éblouir, personne à qui montrer. »
On dit souvent aimes toi, fais les choses pour toi, la solution est en toi, mais tu sais la plus belle des musiques si elle n’est écoutée par personne, elle n’existe pas, le plus beau des dessin si personnes ne le regarde il n’est rien. N’être vue par personne, n’être reconnue par quiconque c’est ne pas exister. Ce sentiment d’être transparente, je l’ai déjà eu dans ma vie durant un été lorsque je faisais le ménage des chambres d’hôtel, j’étais là sans être là, on me disait rarement bonjour, j’avais fini par regarder mes pieds face aux clients pour ne plus croiser leur non regard, cela entretenait le flou peut être regardaient ils, ne pas savoir me laissait l’espoir d’être quelqu’un. Vingt ans plus tard j’ai conservé le même fonctionnement, E. et moi avons entretenue cette relation sur les réseaux sociaux, alors lorsqu’il devenait évident que notre histoire était devenue « trop » pour nous, il mettait du temps à répondre à mes messages ou ne répondait plus, la frustration s’accumulait de mon côté, j’ai décidé de ne plus le voir apparaître sur FB, de regarder mes pieds à nouveau pour ne pas savoir, ne plus y penser, ne plus le voir dans mes notifications, que FB ne me le propose plus dans la barre latéral droite de ma fenêtre, ne plus savoir s’il était connecté ou pas, restreindre son accès à mon compte, je ne faisais plus partie de sa vie, il ne faisait plus partie de la mienne. J’avais coupé court avant, rejeter pour ne pas l’être. Des mois comme cela j’étais en voie de guérison, je n’y pensais plus tout en sachant qu’il me manquait quelque chose, je n’écrivais plus, je ne dessinais plus, je n’avais plus envie de rien, je mettais cela sur le compte de ma vie, mon boulot, ma fille, la vérité est que j’étais éteinte, en veille, ma lumière intérieure était toute petite. Son absence, le fait de n’avoir personne de proche qui portait de l’intérêt à ce que je créais et bien d’autre chose qui on fait que j’étais en suspens.
Puis le 31 décembre, comment oublier cette date, il est apparu sur mon compte Twitter, j’ai répondu un truc du genre «Hey bonjour» il fallait être polie, ma première réaction c’est toujours sourire dans toute les situations, c’est un réflexe, mon éducation et ma timidité me font souvent sourire poliment, l’automatisme passé je me suis effondrée sur mon canapé j’ai pleuré, tous les sanglots contenus depuis des mois pour toute les tristesses, les injustices, les colères, voilà maintenant c’était la colère qui arrivait mais bordel de merde pourquoi là maintenant comme ça, mais qu’il me foute la paix, je ne pensais plus à lui, j’étais guéri, j’allais bien pourquoi réapparaître comme ça, remuer cette merde, il s’emmerdait cette veille de nouvel an et avait décidé d’écumer son répertoire? J’ai fini par lui envoyer un message sur messenger un truc terrible, d’une colère non contenue je ne me souviens plus des mots et je n’irais même pas les relire, j’aurais trop honte de moi-même il a répondu tout de suite, lui qui ne répondait plus, j’ai ignoré sa réponse, mis notre conversation dans les archives parce que merde et remerde, il n’avait qu’à aller se faire foutre. Il a sûrement dû répondre un truc avec son flegme habituel ou me dire que je faisais ma bonne femme, je ne voulais pas savoir. Le sentiment de honte de ne pas avoir maîtrisé ma colère, d’avoir perdu mon assurance , je crois que je vais devoir m’y faire avec E. je n’arrive pas à faire semblant dans le bien comme dans le moins bien, il fait partie des rares personnes qui me rendent vulnérable, moi le crabe armé de ma carapace. Ce jour là je l’ai détesté, les jours d’après j’étais en colère, puis je me suis apaisée.
Le jour où j’ai aménagé dans mon nouvel appartement, j’ai eu une pensée douce amère pour lui, lorsque j’avais eu les clefs de mon précédent appartement il avait été un des premiers au courant, il faisait partie de ma vie et un an après il était devenu un presque un inconnu, comment passe t on d’une situation amoureuse à une autre en si peu de temps ? Je lui envoyais un message pour lui dire ce sentiment d’amertume et de douceur. Il m’a répondu. Je me sentais en paix, j’avais réussi à communiquer avec lui sans y mettre trop d’affect, je grandissais ? Pfff je me mentais oui, je pensais avoir pris de la distance mais j’ai découvert que non il y a quelques semaines.
Je lui envoyais un message pour lui souhaiter un bon séjour dans la ville où nous nous sommes rencontrés, il y allait pour son travail, je le savais car il y était chaque année à la même période. Un merci enthousiaste comme réponse, il me disait qu’il était dans le train en direction de cette ville, me demandait si j’y serais aussi, non je n’y serais pas, cette ville où j’ai longtemps habité je l’évite désormais, elle me fait trop de peine alors qu’elle est si belle et lumineuse. « jamais dans la même ville au même moment, as usual.» Il m’a répondu qu’il serait à Marseille pour deux heures et qu’il souhaitait me voir. Et là tout a été oublié, je n’ai pensé à plus rien d’autre que le voir encore. « je serais à le Gare, je t’attendrai. » il n’a pas eu besoin de me convaincre, je n’ai pas fait semblant de me faire prier, ni désirer. Il voulait me voir et moi aussi. Nous nous sommes retrouvés sur le quai de la Gare, je ne savais pas si je devais lui faire la bise, lui serrer la main ? Non ça jamais, mais cela faisait tellement longtemps, son visage s’est approché du mien il a posé son regard, celui qui voit à travers moi, sur mes lèvres, nous nous sommes embrassés. Cela a suffit pour me dire que j’avais encore envie de lui, qu’il était toujours désirable même si je n’en doutais pas vraiment mais les corps quelquefois ne se reconnaissent plus.
Nous revoir a été comme m’ouvrir à nouveau, je retrouve peu à peu celle qui se cache bien au fond, lorsqu’il me baise, il baise mon âme, je m’ouvre complètement et me révèle à moi même, lorsque il me pilonne, c’est pour extraire mon jus, mon essence, je suis moi dans ses bras. Ça serait lui faire porter de bien lourdes responsabilités que lui dire tout cela je crois, ça serait l’encombrer de quelques choses dont il ne serait pas quoi faire, ça serait trop! Il accueillerait cela certainement avec son flegme habituel, celui là même qui m’avait excédé il y a un an une sorte de c’est toi, ça t’appartient, il m’avait écris « check yourself » j’ai pensé à ces mots longtemps, ils m’ont blessés, ils m’ont énervés, ils m’ont fait rire, ils sont désormais mien à mon sujet et ceux des autres. S’apprivoiser à nouveau, c’est identique mais différent comme lorsque tu as voulu me pénétrer le cul, cette pratique qui était presque devenu indispensable lors de nos derniers ébats, cette fois ci je ne m’y attendais pas, cela faisait tellement longtemps, tu as enfoncé ta queue, mon trou du cul si serré qui avait oublié la largeur de ton membre a été surpris, il ne savait plus comment le faire rentrer, j’ai repris mon souffle j’allais prendre les commandes pour te donner le bon angle celui qui te permettrait de t’enfoncer en moi facilement avec plaisir mais tu as été plus rapide que moi, tu as ris m’a retourné « ok, » allongée sur le dos complètement nue je me suis sentie vulnérable tout d’un coup, avec mon précédent amant je prenais les commandes j’avais le dessus, c’était un peu confus peut être as tu ressenti cela, car tes mots « you’re beautiful » m’ont apaisés, m’ont permis de me rappeler que c’était toi, que je pouvais m’abandonner, poser un peu les armes pas trop loin au pied du lit et jouir de ce moment.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=S0qrinhNnOM&w=560&h=315]

ils vont devoir venir me chercher au fond de toi

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«-Et elle était comment cette année ?»
Il m’a regardé, ce regard lointain qu’il avait eu la première fois celui que j’avais pris pour de l’indifférence et qui est en fait un moment de concentration lorsque le désir est trop fort. Il n’a pas répondu je crois. Il y a des fois où toute attentive aux autres à ce qui se déroule sous mes yeux je décroche, n’écoute plus, car souvent ce n’est pas ce qui est dit qui est intéressant mais comment c’est dit ou tu.
Je l’ai rejoins à la gare il avait un changement de train, nous avions deux heures devant nous. Nous nous sommes embrassés sur le quai de la gare, nous avons repris là où nous nous étions arrêté il y a plus d’un an. Nous reprenions après ce baiser échangé sur le pas de la porte suite à une baise sauvage et rapide. Je ne raconterai pas l’absence, enfin pas ce jour car je suis tout à ma joie. Je ne raconterai pas l’indifférence et sa petite sœur la souffrance, enfin pas ce jour car je savoure l’instant. Il a suffit d’un message et j’ai dit oui, oui je voulais le voir, je n’ai pas fait ma mauvaise, pas très longue à convaincre au fond de moi je voulais le voir simplement. Je suis une fille facile je ne joue pas avec mes sentiments. Il m’a trouvé jolie me l’a dit, j’ai souri, je l’ai trouvé beau je l’ai tu. «-On fait quoi?» C’était une question à laquelle nous avions la réponse, il s’agissait simplement de s’assurer que cela venait de moi. Je l’ai invité à mon appartement, je ne m’imaginais pas boire un café, échanger sur les nouvelles du monde et le raccompagner à son train sans l’avoir vu nu sans avoir senti sa queue en moi, sans avoir mouillé, sans m’être mise nue, sans m’être mise à quatre pattes cul tendue tête enfoncée dans l’oreiller.
Dans l’escalator je sentais son désir et son envie collés derrière moi. Sur le quai du métro il s’est appuyé sur le mur m’a attiré vers lui, nous nous sommes embrassés comme si nous étions seuls au monde, à pleine bouche avec l’envie de se dévorer, se goûter, se sucer, il a glissé une main sur mon ventre puis un peu plus bas, je l’aurai laissé y mettre sa main là sur le quai du métro, j’avais tellement envie de lui mais le monde s’est rappelé à nous. Reprendre mes esprits, prendre le métro terminer le trajet, arriver jusqu’à la maison. Un trajet interminable, nous regardions l’heure, espérant avoir suffisamment de temps. «-Et elle était comment cette année ?» Il avait donc entendue ma question puisqu’il me la retournait “- Bof, je ferais mieux pour mes 40 ans, c’est dans quelques jours.”

Un pas pressé, la porte fermée, les vêtements retirés, les corps nus perlant la sueur en cette chaude journée, il m’a pris comme j’aime qu’il me prenne, sans hésitations avec fermeté.
«-Ça faisait longtemps.» Des soupirs. Des rires.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=9PWz-NubVpM&w=560&h=315]

Miss P.Body

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Il est venu dormir à la maison. J’ai mis un premier drap blanc sur la méridienne rouge, posé un oreiller, il s’est allongé, j’ai étendue un drap sur lui, l’ai embrassé, lui ai souhaité bonne nuit, il m’a demandé de me tourner, il voulait voir mes fesses, les a caressées, les a embrassées, a laissé une main sur l’une, puis l’a retiré, je me suis retourné, il dormait, je suis allé à ma chambre.
J’ai mis fin à notre relation deux fois, et deux fois nous nous sommes retrouvé. Parce que mon envie de son corps est trop forte, parce que j’aime à le savoir là, pas très loin de moi, parce que nous n’avons pas brûlé la dernière braise, la dernière baise je ne m’y résous pas.
Le matin de notre première rupture j ai vu ce garçon grand noir baraqué courir un bouquet à la main vers une voiture arrêtée à un feu rouge, à l’intérieur se trouvait une femme cheveux bouclés teint mat certainement d’origine maghrébine. Le parallèle entre M. et moi me frappa immédiatement. Je voulais être cette femme, celle pour qui on court un bouquet de fleurs à la main, un sourire aux lèvres. Je ne voulais pas être celle qui est là, à défaut de mieux. Alors le soir même je lui ai demandé de venir, j’ai même exigé qu’il vienne car je voulais rompre là maintenant, il fallait que j’en finisse immédiatement. Je lui ai dit que je mettais fin à notre relation pour tellement de raison mais la première est que je ne souhaite plus être la deuxième, l’option, celle en attente, il m’a dit qu’il comprenait s’en est allé.
Le matin de la seconde rupture, garée devant la porte de mon immeuble une voiture, derrière le volant se trouvait une femme blonde la cinquantaine criant “ta gueule, ta gueule, ta gueule…” au passager avant, un homme blanc à peine plus âgé qu’elle. Et je ne voulais pas ressembler à cela. Une femme en pleine crise, hurlant parce que cela faisait certainement des années qu’elle n’était pas écoutée, considérée par son amant, car ils ne pouvaient qu’être amants pour se rencontrer et discuter dans une voiture garée dans une petite rue à l’écart. Cette femme c’était moi, criant hurlant que je voulais ma place, être entendue, être vue. Cette fois-ci je lui ai téléphoné, sans trouver les mots, la colère était trop importante, j’ai enchaîné les onomatopées «hum… oui… ouai… non… hum… mouai etc.», lui ai raccroché au nez.

Silence.

Un silence de quelques jours puis un Snap, une photo de lui l’air fatigué, ravagé, un truc pour me faire de la peine certainement afin que je lui réponde sûrement, et je lui ai répondu. Il s’agit d’un jeux de dupe entre nous, je fais comme si je ne le voyais pas venir et lui feint de me trouver là. Nous savons d’avance que nous perdrons. Il devra se résoudre à ne plus pourvoir vivre ses fantasmes, ses envies et devra se contenter lorsque notre histoire sera finie d’un missionnaire, les soirs de grandes folies une levrette claqué avec une fille ordinaire, dans le sens commune, que l’on croise à H&M ou Zara, châtain 1m65 taille 38/40, le matin au réveil lui demandera «Tu veux manger quoi ce soir chéri? » après avoir posé un pied hors du lit puis ira scruter sa cellulite devant le miroir de la salle de bain. Nous ne sommes pas fait pour vivre une histoire autre que nos escapades sexuelles. Je prends beaucoup trop de place, physiquement et mentalement, je veux tout et cela ne va pas avec la demi mesure, le “je ne sais pas” , le “peut être”. Il sera toujours là près de moi mais un jour je serai lassée et ce jour je le sens poindre à grand pas.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=9NRzxu_Hak8&w=560&h=315]

Épilogue (?) 


E. ne fait plus partie de la vie de A.

A. pense ses plaies

M. l’a aidé à calmer sa douleur, un temps

A. est rongée par l’envie d’écrire mais ça ne sort plus ou si peu

Tous ces deuils à faire en si peu de temps, elle n’y arrive plus 

“assouvir deux fantasmes”

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Allongés l’un près de l’autre, nous parlions de nos histoires sexuelles passées, cette discussion était arrivée par des chemins détournés, le genre de discussion que l’on a après l’amour, une discussion qui permet de reprendre ses esprits, je lui avais parlé du bureau que je devais retrouver dans quelques jours sans enthousiasme, il m’avait répondu que s’il bossait avec moi, il passerait sa journée dans mon bureau à attendre une bonne occasion pour me caresser, m’embrasser «  Si tu bossais avec moi, tu me regarderais de loin mais ne t’approcherais pas et je ne le souhaiterais pas, je n’aime pas le mélange des genres. » Et tout en disant ça, je me rendais compte que ce n’était pas tout à fait vrai et lui confia une histoire.

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“ces images me tourmentent”

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Cela fait quelques semaines que je m’interroge sur ce que j’écris, pas sur mon désir d’écriture il est toujours là, mais sur quoi écrire quand votre muse, celui qui vous a inspiré tous ce que vous publiez, n’est plus là. L’inspiration s’est fait la malle. Les questions s’agitent, ma réflexion tourne en boucle depuis des semaines. Il est celui qui m’inspire mes textes, mes récits érotiques, même quand il ne s’agit pas de nos rencontres il est là, il est ma muse. Et maintenant que nous n’avons plus d’échanges, si ce n’est quelques messages amicaux, maintenant que cette relation est en suspend (ou finie ?), je n’arrive plus à écrire, je n’arrive pas à me décider, je me force à écrire sur autre chose, j’ai en tête une nouvelle depuis quelque temps, une nouvelle fantastique, un peu loin de mes autofictions érotiques, j’ai essayé, cinq pauvres lignes plates au possible et sans intérêt sont sorties.
A la fin de la lecture de L’amant de la Chine du Nord de Duras, je me suis dit qu’il était possible de réécrire l’histoire, que l’on pouvait prendre les mêmes personnages, les mêmes événements et en faire autre chose comme une sorte d’histoire parallèle. Réécrire l’histoire pour en faire un roman, dérouler notre histoire pour lui laisser la place qu’elle mérite, que je mérite certainement aussi. Car du moment que je lui ai dit que je l’aimais, j’ai occupé la place de la maîtresse et tout est devenu laid. Une histoire de fesse entre deux rendez-vous, où j’aurais nourri des sentiments à sens unique envers un homme marié, heureux, occupé et n’ayant aucune place pour moi. Mais j’aime à penser que cette histoire, notre histoire, je n’ai pas été la seule à la vivre, qu’il s’agissait de sexe mais pas que, même si c’est le sexe est fantastique, il s’agit d’une rencontre entre deux personnes. Alors j’ai bien envie de la réécrire cette histoire pour me plonger à nouveau et essayer d’en extraire la vérité, de fermer cette boucle aussi, sans ça je serais toujours hanté.
Et en parallèle ? En même temps ? je ne sais pas vraiment définir ce bordel sentimental dans lequel je baigne depuis des mois. Bref, il y a M. J’avais décidé de ne plus le voir mais il est toujours là, sa constance, sa gentillesse, ses poèmes pour me faire part de son désir, ont eu raison de ma décision de ne plus le voir. J’ai cru un temps qu’il me fallait choisir, décider mais non il ne s’agit pas de ça, chaque personne est unique et chaque lien que nous avons, l’est aussi. Chaque interaction est tellement différente, on se réinvente chaque jour. M. aka BAE, c’est lui le premier qui m’a appelé BAE, j’ai trouvé ça tellement drôle et décalé, moi la femme de 40 ans se faisant appelé comme une ado acnéique que désormais il s’appelle comme ça. BAE est venu, cela faisait des semaines que nous attendions de nous voir, de baiser.

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La ultima

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Cette nouvelle a été écrite dans le cadre du prix de la nouvelle érotique organisé par les avocats du diable. Les participants avaient une nuit pour produire une nouvelle dont le thème était, “jamais sans toi, peut-être avec un autre” et le dernier mot de la nouvelle devait être “ancre”.  Voici donc la nouvelle que j’ai écrit cette nuit du 25 octobre 2015. Je n’ai pas été sélectionnée alors je vous la confie.

Est-ce que je leur envoie un message ? Nous avons correspondu la plupart du temps par messagerie, texto, chat, email, ça serait une suite logique à nos correspondances, à notre manière de dialoguer. Non, c’est un peu léger. Disons plutôt que j’ai envie de rendre ça plus solennel. Une invitation manuscrite avec une enveloppe serait une assurance qu’ils lisent et même qu’ils viennent. Cela sera la première lettre qu’ils recevront de ma part. Ce n’est pas tous les jours qu’une amante prend sa plume pour vous inviter à dîner chez elle. Forcément, ils viendront. Ils ont un point commun c’est leur curiosité, alors ils viendront. La dernière invitation, la plus importante je la remettrai en main propre. Je suis encore allongée dans le lit, je m’étire, me prélasse, j’essaie de ralentir le temps, le moment où il faudra se lever, affronter la journée. Il apparaît, il sort de la douche une serviette autour de la taille. Je le regarde. Il est beau, toujours beau, le temps qui passe ne fait que l’effleurer, quelques cheveux blancs, des rides au coin des yeux qui rendent son sourire plus ravageur.

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